dimanche 28 septembre 2014

"Sous le regard de Neptune".


                                        Il se tient actuellement à Nîmes une exposition, intitulée "Sous le regard de Neptune". Elle met en avant l'une des découvertes les plus importantes réalisée lors de fouilles archéologiques menées sur l'avenue Jean Jaurès : une statue à l'effigie du Dieu Neptune (logique...). Il s'agit en réalité d'une fontaine, mise au jour en même temps qu'un bassin. Cet ensemble reconstitué est présenté dans la Chapelle des Jésuites : la statue de Neptune restaurée se dresse au centre d'un moulage du bassin grandeur nature. Un film documentaire et des bornes multimédias montrent au visiteur quelles ont été les étapes de la restauration et comment on a mené les fouilles ; le dispositif permet aussi de découvrir le fonctionnement de la fontaine et la polychromie de la statue. Vous trouverez tous les renseignements en fin d'article mais, en attendant, cette exposition m'offre un bon prétexte pour aborder brièvement la figure de Neptune.

La statue découverte à Nîmes.


                                        Neptune, Dieu romain de la mer, tient à la fois du Nethuns étrusque et du Poséidon grec. Le premier lui a donné son nom et certains de ses attributs : Dieu des eaux douces et des puits, Nethuns est souvent symbolisé par un dauphin et on lui associe l'ancre, le trident et l'hippocampe. A l'origine, Neptune est d'ailleurs le Dieu des eaux courantes mais, vers la fin du IVème siècle avant J.C., il est assimilé au grec Poséidon et les Romains lui assignent les mêmes légendes.

Neptune, trident à la main. (Mosaïque, musée du Bardo, Tunisie - via www.theoi.com.)


                                        Poséidon est le fils de Cronos (Saturne pour les Romains) et de Rhéa, et donc le frère de Zeus (Jupiter). Leur paternel n'est pas un tendre : craignant d'être détrôné par un de ses enfants, il a pour habitude de les dévorer dès leur naissance. Poséidon subit le même sort que toute sa fratrie - à l'exception de Zeus, que sa mère parvient à sauver en lui substituant une pierre enveloppée dans des langes. Ayant grandi, le Dieu rescapé oblige le père indigne à régurgiter sa progéniture. Allié à ses frères et sœurs, et avec le concours des Géants et des Cyclopes, il combat Cronos et les Titans, qu'il finit par vaincre. Zeus prend alors la place de son père sur le trône, et le monde est divisé en trois royaumes : à Zeus-Jupiter échoit le ciel, Hadès-Pluton règne sur le monde souterrain de l'au-delà, tandis que Poséidon-Neptune reçoit la mer et les eaux. Neptune domine donc l'élément liquide, notamment en déchaînant tempêtes et monstres marins. C'est un Dieu violent et colérique, mais aussi bénéfique puisqu'il protège les ports et les navigateurs, qui lui adressent prières et sacrifices avant de hisser les voiles.

                                        La légende veut que Neptune habite au fond des mers, près de l’île d'Eubée, et on le représente debout sur un char tiré par des chevaux marins et des tritons, un trident à la main. Au départ, Neptune semble moins important aux yeux des Romains que ne l'est Poséidon pour les Grecs. Pourtant, avec le développement du territoire dominé par Rome et l'établissement de la Pax Romana qui favorise les échanges commerciaux par voie maritime, Neptune acquiert une plus grande place au Panthéon romain. Les villes portuaires, comme par exemple Brindisi ou Tarente, frappent même monnaie à son effigie.


Monnaie à l'effigie de Neptune. (© Maria Daniels - Museum of Fine Arts, Boston.)


                                        Divinité archaïque puisque provenant de l'appropriation d'un Dieu étrusque, Neptune est vénéré dès les origines de Rome. Les premiers jeux institués par Romulus lui sont dédiés : il s'agit des Neptunalia, dont on sait peu de choses. On les célèbre le 23 Juillet et, à cette occasion, on construit des abris de feuillages, destinés à protéger du soleil.

                                        De même, le premier temple dédié à Neptune date de l'époque archaïque : situé près du cirque flaminius, il datait peut-être de l'époque de la fondation de Rome. Un second temple est érigé vers 25 avant J.C. par Agrippa, général d'Octave et acteur majeur de la bataille d'Actium où fut vaincu Marc Antoine, précisément pour cour célébrer les victoires navales remportées par le futur Empereur. Cette basilique de Neptune, qui se dressait près du Panthéon, est détruite lors d'un incendie en 79 avant d'être restaurée sous le règne d'Hadrien.

Décor marin, vestige de la basilique de Neptune.


                                         La basilique était de section rectangulaire, flanquée de deux niches sur les largeurs et de deux absides semi-circulaires sur les longueurs, séparées par de petites alcôves. Le toit, formé de trois voûtes, était soutenu par quatre colonnes corinthiennes et sa façade ornée d'une frise illustrées de motifs marins. Après la période romaine, le bâtiment est laissé à l'abandon et son toit s'effondre au XIIIe siècle ; les décors sont alors repris par le Pape Nicolas V, qui en orne son palais du Vatican. Une partie des bas-reliefs est aujourd'hui visible aux musées du Vatican.

                                        A priori, il y a peu de risques que le Neptune découvert à Nîmes soit récupéré par le Pape François... Plus vraisemblablement, il viendra enrichir les collections archéologiques de la ville et trouvera sans doute sa place au sein du futur musée de la Romanité. En attendant, il vous reste quelques semaines pour aller le découvrir à la Chapelle des Jésuites.

Ajout : Sylviane signale la prochaine diffusion d'une interview de Manuela Lambert, conservatrice du Musée, sur Radio Alliance Plus, dans l'émission "l'Air de rien". Pas de date pour l'instant, mais surveillez le site de la radio, ici.



"Sous le regard de Neptune"

Chapelle des Jésuites.
17 Grand Rue
30000 Nîmes.
Tél. : 04 66 76 74 80.

Jusqu'au 9 Novembre 2014.
De 10 h à 18 h, tous les jours, sauf lundi.
Entrée : 5 €.


dimanche 21 septembre 2014

Le jardin antique méditerranéen de Balaruc-les-Bains.


                                        Comme tout cinglé d'Antiquité romaine (et d'Antiquité en général), j'adore visiter les musées et les sites antiques. J'y découvre des pans entiers de l'Histoire romaine, et surtout de petits objets apparemment anodins, qui traduisent pourtant la réalité de la vie quotidienne. Toutefois, j'admets qu'il est quelquefois difficile de projeter quoi que ce soit sur un tesson d'amphore ou de recréer tout un scénario à partir d'un vieux bracelet oxydé, exposé dans une vitrine. Se rapprocher de l'univers des Romains, de leur environnement et du monde dans lequel ils évoluaient demande parfois une imagination débordante... et parfois non ! Organisée par l'association Carpefeuch, la visite du jardin antique méditerranéen de Balaruc-les-Bains m'a catapultée sous le règne d'Auguste le temps d'une matinée : si j'avais mis ma stola, j'aurais presque pu imaginer que Livie m'attendait pour la cena...

 Le jardin romain, entre nature et culture.


                                        Il existe à Rome un fantasme, un mythe de la campagne et de la nature, qui trouve sa source dans l'Histoire de la Cité. On garde en mémoire la fondation de Rome par Romulus et Remus, qui étaient au départ de simples bergers, on évoque la figure du soldat-paysan du début de la République, on se souvient de ses propres origines rurales - une grande partie des familles citadines venant de la campagne. Cet attachement à l'image idéalisée d'une ruralité symbole de simplicité et de moralité atteint son point d'orgue sous le règne d'Auguste, où des auteurs comme Virgile exaltent la vie campagnarde. Pour satisfaire ce désir de retour à la terre, les riches citoyens romains  ornent de fresques les murs de leurs demeures et y font aménager de superbes jardins. C'est dans cette atmosphère que nous plonge le jardin antique méditerranéen de Balaruc-les-Bains, au travers d'une balade hors du temps.




Copie de la fresque de la maison de Livie.

 

                                        Pour illustrer l'idée du jardin romain, la visite commence devant une copie d'une fresque ornant le triclinium souterrain de la villa de Livie à Rome. Son analyse permet de comprendre comment a été pensé et aménagé le jardin de Balaruc, tant dans son architecture que dans sa disposition. Au Ier siècle, le décor domestique reprend en effet le thème de la nature, dans un traitement réaliste mais idéalisé. La peinture donne à voir un jardin luxuriant, ni tout à fait sauvage ni tout à fait domestique, qui relève du fantasme, de l'illusion, voire du symbole. Cette fresque en trompe-l’œil apparaît comme une prolongation du sol de la pièce, lieu de civilisation qui se poursuit dans ce jardin imaginaire dont elle est séparée par un muret. Le jardin lui-même est clos, c'est un espace fermé dans lequel on n'entre pas. Quelques plantes, toutefois, se sont frayé un chemin à travers le grillage : elles montrent comment la nature parvient à prendre le dessus, à s'avancer dans le monde civilisé. Le jardin romain se situe à l'intersection de ces deux espaces, entre ville et champs : c'est une nature à la lisière du cadre urbain civilisé.

                                        Les différentes espèces végétales et animales représentées sont tellement réalistes qu'il est facile de les identifier, mais elles s'épanouissent dans un décor irréel, qui ne tient pas compte des périodes de floraison et mélange les saisons. Cognassier, grenadier, rosier, laurier-rose, cyprès, églantier... Chaque arbre est en outre lié à une divinité dont il est la représentation. La grenade symbolise par exemple Junon, le cognassier Vénus, et le laurier, au centre de la fresque, figure Apollon ou peut-être Auguste (dont il est la divinité tutélaire.) Parmi les herbacées, on reconnait l’œillet, le pavot, la matricaire, l'avoine... Fleurs, arbres fruitiers, herbes aromatiques se côtoient, montrant la diversité du jardin romain.

Le cognassier, dédié à Vénus.

Du jardin de Livie à celui de Balaruc.


                                        Ces différents aspects du jardin romain se retrouvent dans celui de Balaruc - qui est en fait composé de 7 espaces différents, formant une domus extérieure puisque chacun évoque une pièce de la maison. Le parcours permet d'appréhender tous les thèmes propres au jardin méditerranéen antique et il dévoile les usages auxquels étaient destinées les plantes : alimentation, médecine, cosmétique, ornementation, cuisine, religion, artisanat. 

                                        Je pourrais paraphraser le petit guide que j'ai acheté sur place, et vous détailler chacun des espaces en énumérant les différentes plantes que l'on peut y admirer - comme si Tistou les Pouces Verts était mon cousin. En réalité, je suis beaucoup plus proche d'Attila : là où je passe, les plantes vertes ne repoussent pas ! L'espérance de vie d'un végétal chute de manière significative dès qu'il est placé sous ma garde, et je n'y connais strictement rien en botanique.  Je vous renvoie donc à la brochure du Jardin (lien en fin d'article) et je me contenterai d'évoquer mes propres impressions.





Autour du nymphée de Vénus...


                                        Que vous soyez férus de botanique ou à peine capable de reconnaître un laurier, je peux vous promettre que la visite vous enchantera. Entre le ciel et l'étang de Balaruc, qui s'étend à vos pieds et surgit soudain au détour d'une allée, le jardin éclate de mille couleurs et senteurs qui s'épanouissent au milieu d'une architecture romaine reconstituée. Tonnelles, colonnades, fontaines, nymphées, autels votifs, pergolas, bassins entretiennent l'illusion d'une plongée dans la Rome antique, structurant l'espace en ouvrant des perspectives et en délimitant les différents jardins, où les allées plantées de fleurs et de plantes basses alternent avec des chemins ombragés. La diversité des végétaux, la mise en scène à l'antique et la beauté du lieu font déjà de ce jardin une réussite.





Divinités du lucus.
Mais ce que j'ai trouvé remarquable, c'est la manière dont est soulignée la présence des Divinités - comme le montrait du reste la fresque de Livie. Ornementale, médicinale, alimentaire, etc. , chaque plante est en même temps liée à l'esprit d'un dieu, d'une déesse, d'une nymphe... Et chacun des 7 espaces prend alors un caractère mythologique, les végétaux le plaçant sous la protection de sa divinité tutélaire. Tel est par exemple le cas du bois sacré, ou lucus, lieu de culte par excellence où foisonnent les plantes évoquant Hercule, Priape, ou les divinités de la nature; ou du jardin de Vénus, dédié aux plantes cosmétiques et odoriférantes, où fleurissent grenadiers, cognassiers, myrte, sauge, et surtout la rose. Pour compléter l'illusion, des autels votifs chargés d'offrandes s'élèvent au détour des sentiers.



Grenades, en offrande à Junon.




                                        Personnellement, j'ai vraiment adoré l'ensemble de cette visite. Mais j'ai surtout aimé ce jardin de Vénus qui laisse une impression de volupté et de sensualité, et j'ai été particulièrement sensible à celui nommé d'après Discoride, médecin grec auteur d'un ouvrage sur les propriétés des plantes. Ce troisième jardin est donc dédié aux plantes médicinales, comme la menthe, le figuier, l'absinthe, la moutarde, la verveine, la rue,... Elles agissent sur le système respiratoire, les inflammations, les ulcères, dans le domaine gynécologique ou digestif et, consommées sous forme de tisane, de fumigation, de jus ou d'onguent, elles sont récoltées selon une technique et à un moment bien précis, afin de s'assurer de leur efficacité. Ceux qui me connaissent ne seront pas surpris d'apprendre que cet espace, qui m'a tellement plu, était aussi voué à la Déesse Hécate, divinité chthonienne qui préside à la magie, de surcroît liée à la mort. En effet, le terme grec de pharmakon désigne tout aussi bien les plantes médicinales que les drogues, et un même végétal peut guérir ou tuer, selon l'usage qui en est fait. Il règne dans le sous-bois attentant, qui lui est dédié, une ambiance particulière : dans un mélange d'ombre et de lumière, une clarté diffuse peine à percer la touffeur des branchages et une odeur douceâtre d'humidité émane du nymphée permettant l'irrigation des plantes médicinales ; suspendues aux branches d'un arbre, des statuettes votives évoquant diverses divinités renforcent l'illusion magique du lieu.

L'arbre dédié à Hécate.

                                        Vous êtes peut-être moins romantique ou moins gothique que moi... Dans ce cas, vous découvrirez avec gourmandise le clos des Apicius avec ses légumes et ses aromates, vous vous recueillerez dans le bois sacré dont j'ai déjà parlé, vous admirerez les débuts de l'art topiaire initié au IIème siècle, ou vous vous passionnerez pour les plantes servant à fabriquer tissus ou colorants dans le jardin des substances. Vous découvrirez surtout un formidable espace protégé, valorisant une biodiversité millénaire  et un héritage naturel, historique et culturel, qui vous entraîne au cœur du jardin romain de l'antiquité. Voyage dans le temps et hors du temps, comme une parenthèse rêvée dans la nature fantasmée de la domus des premiers temps de l'Empire - à voir au gré des saisons.    







Jardin Antique Méditerranéen.
Rue des Piochs
34540 Balaruc-Les-Bains.
04 67 46 47 92.

Ouvert de Mars à Septembre - fermé le Lundi.
Tarif normal : 4€50
Voir la brochure pour le détail des horaires et tarifs.

Petit conseil : n'hésitez pas à suivre la visite guidée (Le Mercredi - 6€50.) Notre accompagnateur était vraiment fantastique, et il a su mêler botanique, Histoire et mythologie avec beaucoup d'humour.



Liens : 

Le site :  c'est ici.
La brochure en PDF : c'est par là.
Visite virtuelle du jardin : on clique ici.
Compte-rendu de la visite sur le site de Carpefeuch : venez par ici !
                             

dimanche 14 septembre 2014

A suivre : "Péplum" sur M6.


                                        Je vous parlais il y a quelques temps de "Plebs" (voir ici), une comédie en 6 épisodes diffusée par la chaîne britannique ITV : avec un ton décalé et un humour basé sur l'anachronisme et l'absurde, elle présentait les mésaventures de trois losers dans la Rome antique. Alors que la saison 2 est attendue dans les prochains jours, voilà que M6 vient d'annoncer l'arrivée prochaine de sa propre série à l'antique : "Péplum".

                                        Au départ envisagée comme un programme court, elle sera finalement diffusée début 2015 sous le forme de 3 épisodes de 96 minutes, en prime time. On retrouve notamment au casting Jonathan Lambert dans le rôle de l'Empereur Maximus et Pascal Demolon (visage connu des fictions françaises) qui interprète Bravus. Voici le communiqué publié par M6 :
"Sur fond de déclin de l’Empire Romain, Peplum nous plonge dans le quotidien de Bravus, ancien esclave devenu conseiller du tyrannique empereur Maximus. Sous pression, coincé entre une vie professionnelle particulièrement stressante et une vie de famille chaotique, ses journées ne s’annoncent pas de tout repos. En effet, côté boulot, Bravus doit mouiller la toge pour ralentir un déclin qui a une fâcheuse tendance à s’accélérer sous l’impulsion désordonnée de l’incompétent, cruel, capricieux et narcissique Maximus. Côté perso, il doit affronter chaque soir son fils Caïus fraîchement converti au christianisme, son épouse Octavia, étrangère aux codes de la bonne société romaine et sa fille délurée Lydia qui les assimile trop bien. Peplum, ou comment éviter le burn out dans une société en déclin. Le parallèle avec aujourd’hui ne saurait être une coïncidence."

"Péplum", à venir sur M6. (Photo via season1.fr)


                                        En parlant de parallèle, on ne peut pas s'empêcher de songer à "Kaamelott", série-culte d'Alexandre Astier dans laquelle ont d'ailleurs joué les deux acteurs mentionnés ci-dessus. Tous les articles consacrés au nouveau projet de M6 y font référence - moi la première, bien que je n'aie vu que quelques images... La thématique, la période historique et le style humoristique rendent la comparaison inévitable : si "Péplum" s'inscrit dans cette ligne, il ne sera pas facile d'être à la hauteur du modèle. Dans le même temps, la longueur du format pourrait permettre à la série de se démarquer suffisamment pour proposer quelque chose de neuf, en insufflant un rythme différent...  A voir !

                                        L'ensemble me paraît en tous cas très alléchant : pas de doute, je serai devant ma télé lors de la diffusion ! Rendez-vous en 2015.




mercredi 10 septembre 2014

Entretien avec Pierre-Vincent Roux, auteur de "Constantin ou la Puissance de Dieu."



                                        Dimanche dernier, je vous a présenté "Constantin ou la Puissance de Dieu", pièce de théâtre écrite par Pierre-Vincent Roux. Contacté par l'intermédiaire de son éditeur, Nombre7 éditions, il a gentiment accepté de répondre à quelques questions, pour apporter un éclairage personnel sur son ouvrage.

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ? Comment êtes-vous venu à l'écriture ?

Je suis né dans une famille de la classe moyenne, dernier de sept enfants. J'ai fait des études de philosophie et de droit voulant devenir ethnologue. Puis les nécessités de la vie ont fait que je suis entré à la Sécurité-sociale. Mon dernier poste était la direction de la caisse d'allocations familiales de Brest. J'écris depuis l'adolescence. J'ai publié à 19 ans mon premier recueil de poèmes , "Genèse".


Vous avez écrit des romans, des essais, des nouvelles... Pourquoi avoir choisi la forme théâtrale pour traiter des controverses théologiques du IVème siècle ? Etiez-vous intéressé par l'Empire romain, ou par le christianisme ?

J'ai écrit ma première pièce de théâtre (un couple de personnes âgées qui se déchirent) il y a 10 ans. Depuis j'en ai écrit une bonne quinzaine. La forme théâtrale me plaît beaucoup (je suis un grand amateur de théâtre) et me convient car l'expression parlée et l'échange qu'elle permet entre les personnages me semblent plus proches de la vie. C'est une sorte de matière brute (bien sûr très travaillée) sans le filtre du récit ni l'expression des opinions de l'auteur.

L'empire romain m'intéresse, je suis très admirateur de leurs constructions et de l'ordonnancement de leurs maisons et des villes dont la perfection n'a jamais été dépassée. La littérature romaine est intéressante comme la pensée pourtant souvent décriée en comparaison de la grecque. Le christianisme, dont j'ai abandonné la pratique à 20 ans, ne cesse de me fasciner. J'ai donné à plusieurs reprises une conférence sur ses origines. La question qui me hante est celle précisément des origines : formation des concepts et extension jusqu'à devenir la première religion du monde. N'oublions pas que le christianisme n'était sans doute, du temps du Christ, qu'une petite secte juive, représentant une énième interprétation du pharisaïsme.


Le baptême de Constantin. (Vitrail de l' Église Sainte-Madeleine de Troyes - © Inventaire général, ADAGP, 1985.)

Vous avez choisi d'écrire sur une période charnière de l'Histoire du christianisme, en l’occurrence le règne de Constantin qui le reconnaît officiellement. Mais pourquoi précisément avoir situé l'action au lendemain du concile de Tyr ?

Cette période post-conciliaire m'a semblé la plus intéressante parce qu'elle est très riche en enjeux de toutes sortes. D'abord, celui du canon puisque l'arianisme revient à la surface avec l'amendement de la formule nicéenne qui lui laisse un espace libre pour s'exprimer à nouveau. Ensuite, l'âge de Constantin qui pose les questions de son baptême (qui aurait eu lieu peu de temps avant sa mort) et de sa succession, et ce dans le contexte de la menace Perse. Tous ces éléments se renforcent pour créer un climat de trouble et d'insécurité dont les dignitaires de l’Église se servent pour asseoir définitivement son pouvoir dans et sur l'empire. Il est vraisemblable que l'idée d'une interdiction du culte païen fût déjà dans les têtes. C'est donc une période charnière pour le christianisme, pour l'empire et le monde.

Le débat reste ouvert quant à la date de la conversion de Constantin, ainsi que sur ses motivations. A vos yeux, quelle est la part de sincérité et la part de calcul chez ce personnage ?

Il est très difficile de se prononcer en l'absence d'éléments probants sur la sincérité ou non de Constantin. La prise de position a plus de chance de refléter la subjectivité de celui qui parle que la réalité. Ceci dit, je pencherais pour une posture opportuniste au départ puis pour une lente conversion, ou acculturation, tout au long de sa vie. N'oublions pas que le christianisme n'était encore pas très développé au début du IVème siècle et qu'il lui fallut donc un certain courage pour le faire admettre et s'en réclamer, même s'il continua à pratiquer le culte païen. Son milieu de vie est toutefois majoritairement chrétien. Par ailleurs, il trouvait dans cette doctrine de quoi renouveler et refonder la théorie du pouvoir de l'empereur, double sur terre du Dieu de l'univers.


Le Pape Sylvestre et Constantin. (Basilique des Quatre-Saints-Couronnés - via wikipedia.)


La reconnaissance du christianisme, religion monothéiste exclusive, pose en même temps la question de l'interdiction à moyen terme du paganisme, mais aussi celle de la séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Dans quelle mesure la politique de Constantin annonce-t-elle - ou pas - la future Papauté ?

Le paganisme sera interdit et combattu, avec beaucoup de violences parfois, quelques années plus tard, à la fin du siècle et au siècle suivant. C'est là une évolution inévitable, le christianisme, religion révélée, ne pouvant se satisfaire, dès qu'il en les moyens, d'une cohabitation avec les cultes païens. Notons que l'inverse n'est pas vrai puisque Julien n'interdira pas le christianisme et montrera même une certaine tolérance à l'égard de ses clercs.

Le christianisme justifie le pouvoir absolu du monarque sur les hommes en le soumettant à celui de Dieu qui s'étend à l'ensemble de la création. Il lui est donc soumis, comme le temporel l'est au spirituel, mais il n'en reste pas moins fondé par le dogme et la foi. Jusqu'au XVIème-XVIIème siècle cette question des rapports de l'un à l'autre ne cessera d'être débattue. La papauté cherchera, peut-être jusqu'à la fin du XIXème siècle, à conquérir d'abord puis maintenir et restaurer la primauté du spirituel, entendons celle de l’Église en tant qu'institution universelle.  Les rapports de Constantin avec les dignitaires d'orient (car la papauté semble n'avoir eu que peu d'influence sur ces grands débats) sont tout autres : le spirituel n'est pas encore établi comme puissance reconnue, l'empereur est le maître absolu, du christianisme comme il l'est aussi du culte impérial. Il impose Nicée et, semble-t-il, le canon qui y sera reconnu. C'est lui qui tranche même s'il est manifestement influencé, voire manipulé, par les clercs qui sont à sa cour. Le christianisme émerge comme religion d’État dans un contexte romain où le culte ancien est entièrement soumis au pouvoir impérial, il est en fait le culte de l'empereur. Les choses ne changeront que plus tard, au Vème et VIème siècles lorsque le christianisme régnera en maître (sur les grands et les milieux urbanisés car il faudra attendre plusieurs siècles encore pour que la christianisation des masses paysannes s'achève en Europe).


                                        Je me permettrai simplement de souligner à quel point ces réponses complètes, pertinentes et érudites, donnent un aperçu de l'ouvrage que j'ai eu le plaisir de chroniquer. On y retrouve la même finesse d'analyse, le même refus d'une opinion manichéenne, et les mêmes problématiques qui sous-tendent l'ensemble de la pièce. A la lumière de cet entretien virtuel, je  confirme tout l'intérêt de cet ouvrage, dont je rappelle les références.



"Constantin ou la puissance de Dieu" de Pierre-Vincent ROUX.

Éditions Nombre 7 - lien ici.
66 pages - 5€.


Un grand merci à Pierre-Vincent Roux pour le temps qu'il a bien voulu m'accorder, et à M. Christophe Lahondès qui nous a mis en contact.

dimanche 7 septembre 2014

Bonne lecture : "Constantin ou la puissance de Dieu."


                                        C'est un peu par hasard que j'ai découvert ce petit ouvrage, lors d'une foire aux livres en marge de laquelle avaient été réunis quelques auteurs. Les bras déjà chargés de bouquins, j'ai jeté un rapide coup d’œil vers la table derrière laquelle ils étaient installés et mon regard s'est arrêté net sur le nom de Constantin. Bien évidemment, le livre s'est immédiatement ajouté à la pile, pourtant déjà chancelante... Mais que voulez-vous : le nom d'un Empereur romain apparaît sur la couverture, et mon sang ne fait qu'un tour.

                                        Le livre en question s'intitule "Constantin ou la puissance de Dieu". Il s'agit d'une courte pièce de théâtre en deux actes, écrite par Pierre-Vincent Roux, auteur breton installé dans le Vaucluse. Il y traite des liens entre pouvoir et Christianisme, au moment où Constantin adopte la religion monothéiste et lui donne une existence officielle.






                                        Pour comprendre cette pièce, il est nécessaire de revenir brièvement sur la politique religieuse menée par Constantin. L'Empereur se serait converti au christianisme après la bataille du Pont Milvus (312) au cours de laquelle lui est apparu le signe de la croix (voir ici). Dès lors, il impose progressivement sa nouvelle religion, et promulgue notamment en 313 l'édit de Milan, qui reconnaît officiellement le christianisme et met fin aux persécutions. Désormais pratiquée librement, la religion chrétienne est cependant secouée par des querelles théologiques s'opposant sur l'interprétation et les doctrines, et auxquelles prend part Constantin. Controverse majeure, l'arianisme tire son nom d'un prêtre alexandrin, Arius, qui affirme la non-divinité du Christ, fils de Dieu créé par Lui. Arius est désavoué en 325 lors du concile de Nicée. Mais réhabilité trois ans plus tard grâce au soutien de Constance, fils de Constantin, il voit sa position renforcée en 335, lorsque le concile de Tyr condamne à l'exil son principal détracteur, l'évêque Athanase.      

                                        La pièce se déroule précisément au lendemain de ce concile, au cœur du palais impérial de Constantinople. Elle met en scène les principaux acteurs de la controverse : Constantin bien sûr, ses fils Constatin le Jeune et Constance, les évêques Eusèbe de Césarée et Eusèbe de Nicomédie, Athanase. La décision d'exiler Athanase ayant été prise, celui-ci sollicite la grâce de l'Empereur, qui interroge ses conseillers sur la conduite à tenir : comment mettre un terme à cette crise, qui divise l'Empire et le fragilise ? Car le problème, en apparence centré sur de complexes questions théologiques, est aussi et surtout politique : les considérations religieuses et les doctes discours dissimulent des intrigues et des complots, chacun tentant d'asseoir sa position - à l'image de Constance qui, s'appuyant sur Eusèbe de Nicomédie, entend bien prendre l'ascendant sur ses frères.

                                        Si le texte fait la part belle aux argumentations théologiques, on comprend vite qu'elles ne sont qu'un prétexte. Du reste, le débat concerne moins la véritable nature du Christ - pourtant au cœur de la polémique - que le rôle de l'Empereur face à la dichotomie du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Le propos est tout de même érudit et il est parfois difficile d'en dégager toutes les subtilités - opinion que semble partager le personnage de Constantin, qui avoue au détour d'une scène : "Je ne comprends pas toujours pourquoi on dispute encore sur ces vétilles dont on ne trouve même pas trace dans vos Écritures." Ainsi se dessine en filigrane une lutte pour le pouvoir, aux enjeux politiques autant que religieux.


Icône représentant le concile de Nicée, avec Constantin au centre. (©Dante Alighieri via wikipedia.)



                                        La pièce est intéressante dans la manière dont elle illustre ces luttes d'influence et la façon dont les protagonistes s'appuient sur la religion pour s'imposer aux côtés de l'Empereur. En dépit des digressions théologiques, le style reste accessible et l'écriture est fluide. Néanmoins, et même s'il est difficile de juger d'une pièce de théâtre sans la voir jouée, certains aspects me laissent plus dubitative. Par exemple, l'usage de certaines expressions modernes ("Laisse-le mijoter", lance Constantin en parlant d'Athanase...) qui contrastent avec la langue soutenue du reste du texte, ou les similarités de ton et de langage entre les différents personnages. D'autant que, en dehors même du texte littéraire, on se mélange déjà facilement les cothurnes entre les Contantin (le Grand et le Jeune) et les Eusèbe (de Césarée et de Nicomédie)...

                                        Cependant, l'auteur a le mérite de rendre accessible un sujet complexe, et il soulève en outre une autre question passionnante : quelle est la part de sincérité et la part de calcul chez les protagonistes ? Avec finesse, la pièce se garde bien de tout portrait manichéen : à chacun des personnages sa part de piété et sa part de cynisme, et tous tentent de concilier leur foi avec leurs ambitions. A ce titre, Pierre-Vincent Roux trace un portrait possible et convaincant de Constantin, ce qui n'a rien d'évident tant ses motivations font encore débat aujourd'hui. On ignore la date exacte de sa conversion, il ne fut baptisé que sur son lit de mort, et il adopta probablement le christianisme au moins autant pour des motifs religieux que par stratégie politique.

                                        Malgré quelques réserves, je vous ai donc déniché une pièce courte et percutante, qui propose un regard pertinent sur le tournant pris par le Christianisme au IVème siècle. Et a priori, ça ne court pas les bibliothèques...



"Constantin ou la puissance de Dieu" de Pierre-Vincent ROUX.

Éditions Nombre 7 - lien ici.
66 pages - 5€.


dimanche 31 août 2014

Curiosité : Marcus Sergius, Main De Fer Dans Un Gant De Fer.


                                      L'information va peut-être vous surprendre, mais figurez-vous que le glaive est un objet dangereux, et que la carrière de légionnaire romain nuit parfois gravement à la santé. Le général Marcus Sergius, héros de la deuxième guerre punique (218 - 201 avant J.C.) en sait quelque chose...

                                      Il faut dire qu'en seulement deux campagnes, le malheureux a sacrément morflé : blessé 23 fois, Pline l'Ancien nous rapporte qu'à cause des coups reçus, "il ne se servait bien ni de ses pieds ni de son autre main."

                                      Pourquoi "son autre main" ? Et bien parce que sa main droite a purement et simplement été coupée net, probablement entre le poignet et le coude lors de la seconde campagne de notre héros ! A votre avis, comment réagit Sergius ?! Loin de pleurnicher sur son moignon, il retourne rapidement se jeter dans la mêlée, et son infirmité ne l'empêche pas, au cours des semaines qui suivent, de s'illustrer au combat.  Mais deux bras valant mieux qu'un, l'estropié a finalement l'idée de se la jouer Terminator :  il se fabrique une prothèse métallique, afin de remplacer son bras. L'objet est suffisamment élaboré pour lui permettre d'y fixer un bouclier - et sans doute accessoirement de fendre avec entrain le crâne des Carthaginois... Il ne peut toutefois pas tenir d'épée ou de glaive - ce qui aurait nécessité un système plus compliqué.
"Il combattit quatre fois avec la seule main gauche, et eut deux chevaux tués sous lui. Il se fit une main droite en fer, et, étant entré en campagne avec cette main attachée au bras, il fit lever le siège de Crémone, protégea Plaisance, et força douze camps dans la Gaule." (Pline l'Ancien, "Histoire Naturelle", VII - 29.)

Prothèse du chevalier Götz von Berlich (XVIème s.) : sûrement plus sophistiquée que celle de Sergius...


                                      Ainsi paré, Sergius multiplie donc les faits d'armes - probablement aidé par la stupeur et la terreur des ennemis, face à ce survivant affublé d'une main de fer ! Et ce n'est pas tout : capturé à deux reprises par le général carthaginois Hannibal (qui n'est pas la moitié d'un dur à cuire), Sergius parvient à s'échapper à chaque fois, après 20 mois passés enchaîné et les pieds entravés. Surhomme, on vous dit...



Jambe artificielle retrouvée à Capoue. (300 avant J.C.)


                                      Certes, le bras métallique de Marcus Sergius n'est pas la première prothèse de l'Histoire. L'invention remonterait à l’Égypte antique, des doigts de pied artificiels ayant par exemple été découverts sur une momie. Mais les lignes que Pline consacre à Sergius constituent la première référence documentée. A Rome, toutefois, la plupart des prothèses étaient fabriquées en bois.

                                      Arrière-grand-père du tristement célèbre Catilina, Marcus Sergius devient prêteur en 197 avant J.C., mais il est écarté des fonctions sacerdotales précisément à cause de son infirmité - l'intégrité physique étant indispensable. Toutefois, Pline conclut en rendant hommage au courage et à la force de caractère exceptionnelle du valeureux héros : 
"Que de couronnes n'eût-il pas amassées s'il avait eu affaire à un autre ennemi ? Car, pour juger le courage d'un homme, il importe beaucoup de prendre en considération les circonstances. Quelles couronnes civiques ont été gagnées dans les batailles de la Trébie, du Tésin ou du Trasimène ? Quelle couronne fut méritée à la bataille de Cannes, où le suprême effort du courage fut d'avoir échappé à ce désastre ? Certes, les autres ont été vainqueurs des hommes ; Sergius l'a été de la fortune même." (Pline l'Ancien, Ibid.)
                                      Malheureusement, on ne se souvient de Marcus Sergius que grâce à ce fameux "bras de fer", et l'innovation médicale qu'elle représente à nos yeux éclipse la gloire de ce combattant intrépide et son incroyable destinée, dont ne subsiste d'ailleurs que deux petits paragraphes dans l’œuvre de Pline. Qu'un tel personnage ne soit pas davantage passé à la postérité ne cesse de m'étonner : si j'osais, je dirais que les bras m'en tombent...


mercredi 20 août 2014

Jouons avec les expressions latines : la solution.


                                        Comme promis, voici les réponses au petit jeu que je vous ai proposé la dernière fois : le même tableau, avec cette fois-ci les expressions latines suivies de leur traduction et de leur équivalent en Français.

                                        J'espère que vous vous êtes autant amusé que moi lorsque j'ai préparé cette petite distraction estivale - en attendant la rentrée...

                                        Bonne fin de vacances à tous !


Si vous avez eu des difficultés, rassurez-vous... ("Astérix et les Goths".)





EXPRESSIONS LATINES
TRADUCTIONS
EXPRESSIONS FRANÇAISES.



       A)     Barba non facit philosophum.
        7)      La barbe ne fait pas le philosophe.
c) L’habit ne fait pas le moine.
       B)      Lacunar spectare.        
        10)   Regarder le plafond.
       g) Être dans la lune.
       C)      Nec caput nec pedis habere.
1) N’avoir ni tête ni pied.
f) N’avoir ni queue ni tête.
        D)     Hosti portas aperire.
15) Ouvrir les portes à l’ennemi.
j) Faire entrer le loup dans la bergerie.
         E)      Cucurbitae caput habere.
2) Avoir une tête de courge.
e) Avoir une tête de linotte.
         F)      In scirpo nodum quaerere.
12) Chercher le nœud dans un jonc.
o) Chercher midi à 14 heures.
G) De asini umbra disceptare.
4) Discuter de l’ombre d’un âne.
i) couper les cheveux en quatre.
H) Per pari rispondere.
13) Répondre du pareil au même.
d) Répondre du tac au tac.
I) Antes pedes non videre.
3) Ne pas voir devant ses pieds.
a) Être tête en l’air.
J) Remis velisque fugere.
6) Fuir à rames et à voile.
b) Prendre ses jambes à son cou.
K) Sine cortice nare.
14) Nager sans bouchon.
h) Voler de ses propres ailes.

L) Cena comesa venire.
5) Venir quand le dîner est mangé.
m) Arriver après la bataille.
M) Stare inter sacrum saxumque.
8) Être entre la victime et la pierre tranchante.
k) Être entre le marteau et l’enclume.
N) Surdo asello fabulam narrare.
11) Raconter une histoire à un âne sourd.
l) Parler dans le vide.
O) Sub Jove cubare.
9) Dormir sous Jupiter.
n) Dormir à la belle étoile.